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Y a-t-il des femmes sur Internet ?

April 28, 2018, 11:05 am

Type: rights

       




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QUESTIONS NETTES - Sur des grands réseaux sociaux comme dans les recoins moins connus du Web, les femmes sont fréquemment victimes de violences en ligne.


Quand j'ai commencé à naviguer sur Internet, au milieu des années 2000, on m'a appris qu'il y avait des règles. Personne n'était vraiment d'accord sur leurs origines, leur nombre ou même leur contenu. Deux d'entre elles revenaient néanmoins régulièrement: «il n'existe pas de filles sur Internet» et «montre tes seins ou casse toi». Peu importe si c'était, de fait, contradictoire. J'étais une fille sur Internet, et ce genre de propos me faisait encore rire.

Une dizaine d'années plus tard, je ne rigole plus du tout. Internet n'a toujours pas fait sa place aux femmes. Certes, elles ne sont plus invisibles. À l'heure des réseaux sociaux et à la mort lente du pseudonymat, difficile d'ignorer que des Lucie, Myriam ou Jennifer disposent, elles aussi, d'une connexion à Internet, au même titre que Jean, Paul ou Jacques. En 2001, 60% des internautes français étaient des hommes, d'après Médiamétrie. Les femmes sont désormais aussi nombreuses qu'eux, et même un peu plus, en ligne. Elles y sont aussi en moyenne plus actives. Mais à quel prix? Être une femme sur Internet, c'est risquer à tout moment des remarques sexistes, des photos inappropriées, voire des menaces de viol. Ces attaques peuvent provenir d‘individus lambda. Elles sont aussi parfois le fruit de campagnes redoutables et très organisées. En 2015, 73% des femmes déclaraient avoir été victimes de violences en ligne selon l'ONU. On pourrait croire ce genre de comportements réservés aux coins sombres du Web, là où l'on disait jadis aux femmes de montrer leurs seins ou de partir. À tort. Le sexisme en ligne est partout. Y compris sur les plus grands sites, bien incapables de lutter contre le phénomène.





Cyberharcèlement et revenge porn

Au début de l'année, le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes a publié un rapport éloquent en la matière. Ce dernier a signalé pendant plusieurs mois des contenus manifestement sexistes sur Facebook, Twitter et YouTube: insultes, menaces de viol, etc. 92% de ces messages n'ont pas été modérés. Dans de nombreux pays, les lois ne protègent pas les femmes des violences en ligne. Quand elles les punissent, elles sont souvent mal appliquées, faute de connaissances suffisantes de la part des forces de l'ordre ou de la justice. Les plateformes et les autorités plaident pourtant leur bonne foi: il est difficile de détecter le sexisme en ligne, et d'établir la limite à ne pas franchir.

Il y a trois ans, j'ai écrit un article qui n'a pas plu à un homme. Il disposait d'une page Facebook avec quelques milliers de fans. Il y a publié l'une de mes photos, enjoignant les internautes à faire des «photomontages hardcores» de mon visage. J'ai signalé la publication, les réponses et les images insultantes. Sans succès. Elles n'enfreignaient pas les règles de Facebook. Le réseau social a finalement accepté de retirer les contenus en vertu de la loi française pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, adoptée en 2014, et qui punit les stéréotypes sexistes et les images dégradantes envers les femmes. J'ai dû insister. Sans ce texte, ces contenus seraient sans doute toujours en ligne.

Mon expérience d'Internet n'est pas celle de tout le monde. En tant que journaliste, je suis plus exposée en ligne que la moyenne. Le cyberharcèlement est une problématique régulière, et grave, pour les femmes publiques. Ce sont des journalistes, des politiques, des stars ou des militantes. Certains les menacent de mort, de viol ou d'agresser leurs enfants. On débat sur leur apparence, leur poids, leur sex-appeal. On retrouve leur adresse personnelle ou leurs photos intimes, pour les diffuser au plus grand nombre. Parfois, ce traitement pousse ces femmes à quitter les réseaux sociaux pour de bon. Mais les personnes moins exposées médiatiquement sont loin d'être épargnées. Des femmes, parfois très jeunes, peuvent se retrouver du jour au lendemain au centre de l'attention de harceleurs. Les violences sexistes en ligne prennent aussi d'autres formes. Par exemple, la majorité des victimes de «revenge porn», qui consiste à diffuser des photos en ligne de son ex pour l'humilier, sont de sexe féminin.





Les géants du Web ne prennent pas leurs responsabilités

Cerise sur un gâteau déjà bien amer, il existe sur Internet des communautés qui luttent sans relâche contre le féminisme, ou qui revendiquent leur haine des femmes, tenues responsables de tous les maux. Le grand public les découvre au gré des polémiques: le Gamergate, le Celebgate, les différents harcèlements organisés sur les forums de jeuxvidéo.com... Le phénomène n'est pas neuf. Il est juste plus visible. On a beaucoup parlé des «bulles de filtres» sur Internet, qui enfermeraient les internautes dans des opinions devenant de plus en plus radicales. Elles existent aussi pour les idées sexistes.

On pourra me répondre que ce phénomène n'est pas propre à Internet. Le sexisme existe partout dans notre société, hors ou en ligne. C'est vrai. Pourtant, Internet permet une violence unique mais souvent ignorée, car immatérielle. D'un clic, un agresseur peut connaître l'identité d'une personne. Pour un mot ou une vidéo, on se retrouve cible d'une foule d'internautes en colère, certains utilisant des programmes automatiques pour noyer leur cible sous des messages haineux. Ils peuvent ruiner des réputations, briser des ego, faire perdre un travail. Où, sinon sur Internet, peut-on faire autant de dégâts en si peu de temps? Les harceleurs exploitent les failles de sites très doués pour nous afficher des publicités ciblées, mais beaucoup moins pour comprendre les dommages collatéraux de leurs outils. Les captures d'écran, les retweets ou les messages privés peuvent devenir des armes. Si les grands acteurs du Web ignorent leurs responsabilités, et que les autorités peinent à suivre un phénomène en constante évolution, vers qui se tourner?

La misogynie n'est pas la seule violence en ligne. Des internautes sont visés et attaqués tous les jours pour leurs idées, leurs origines, leur orientation sexuelle, leur religion ou leur handicap. Les fatalistes vont diront que «c'est Internet». Tout ce qui se passe en ligne est forcément exagéré et outrancier, car les écrans nous protègent. Et pourtant. Le 23 avril, dix personnes sont mortes à Toronto après une attaque à la voiture-bélier. L'auteur présumé des faits, Alek Minassian, a fait référence dans un post Facebook aux «incels». Cette communauté en ligne se revendique «célibataires involontaires» et accuse les femmes d'être responsables de leur solitude. Cet évènement nous rappelle une dernière règle en ligne, que nous ignorons trop souvent. Internet, c'est aussi la vraie vie.

 


Source de l'article: lefigaro



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