change language     -         


Ce qui change en 2018 : contrôle technique renforcé pour les autos

December 23, 2017, 9:05 am

Type: politic

       




news_image

Près de 33 % des contrôles sont passés en retard (entre 1 mois et 6 mois de retard pour 38 % d'entre eux). Mais certains automobilistes vont être tentés d'anticiper l'appel en 2018, histoire de passer avant la réforme qui entrera en vigueur le 20 mai 2018.

Image © SGS Sécuritest


 

A compter du 20 mai 2018, une défaillance grave détectée au contrôle technique sera sanctionnée par une interdiction de circuler. Nous faisons le point avec le spécialiste SGS, qui réalise 32 % des contrôles en France.


La cuvée 2018 de l'examen du contrôle technique des véhicules promet d'être mémorable. A compter du 20 mai 2018, on dénombrera quelque 606 défaillances et 132 points de contrôle, contre 453 défauts et 123 points de contrôle à l'heure actuelle.

Que les juristes et les techniciens parlent de "défaillances" plutôt que de "défauts"… La belle affaire ! Sauf que ce changement d'ordre sémantique va de pair avec une petite révolution : le délai de réparation change selon la gravité de ladite défaillance.

Il y a défaillance critique, majeure et mineure

"Lisez attentivement : la nouvelle réglementation dispose qu'en cas de défaillance critique, la validité du contrôle technique est réduite au jour du contrôle", précise Laurent Palmier, nouveau Président-Directeur général de Sécuritest (17,07 % des contrôles en France). Vous ne disposez donc pas de 24 heures pour faire réparer mais simplement jusqu'à la fin du jour ouvré.

C'est un point mal compris de la réforme : à compter du 20 mai 2018, le contrôle technique donnera deux délais pour effectuer sa contre-visite : avant la fin du jour du contrôle initial (en cas de défaillance critique) et sous deux mois, à compter de la date du contrôle initial (en cas de défaillance majeure).

D'où une situation un peu ubuesque que pourraient connaître certains automobilistes. "Imaginons qu'un contrôleur décèle sur un même véhicule à la fois un défaut critique et un défaut majeur", commente Éric Sarfati, Président de SGS France. "Le véhicule devra se présenter à deux examens pour contre-visite : un premier pour confirmer que la défaillance critique a bien été corrigée ; un second pour la défaillance majeure."

Précisons que le délai de deux mois pour contre-visite pour défaillance majeure ne commencera à courir qu'une fois passée la contre-visite pour défaillance critique.

Jusqu'au soir pour réparer une défaillance critique

Oui, vous avez bien lu : le renforcement du contrôle technique signifie que l'automobiliste qui s'entendra dire à 16 heures un lundi que sa voiture souffre d'un défaut qualifié de "défaillance critique", n'aura que jusqu'à la fin de la journée pour trouver à faire réparer et pour passer un nouvel examen en centre de contrôle technique. Un délai pratiquement intenable.

Le qualificatif de défaillance critique est défini par une liste de 127 défauts jugés intolérables, dont certains se confondent avec les 203 défauts qui motivent d'ores et déjà une contre-visite.

Une défaillance critique, c'est quoi ?

On relève quelques exemples dans le Journal officiel de l'Union européenne : pression insuffisante dans le système de freinage, dommage externe sur le circuit de freinage, fuite de liquide de frein, fuite d'air sur l'assistance de freinage, bocal trop sale pour laisser voir le niveau de liquide de frein, câblage électrique risquant de toucher des pièces chaudes ou en mouvement, profondeur des sculptures du pneu non conforme, corrosion du châssis diminuant sa résistance, chute probable de pièces du pare-chocs ou des protections latérales, porte qui ferme mal, siège mal fixé, serrure qui se bloque inopinément, silencieux qui risque de tomber, formation continue de gouttelettes de liquide autre que l'eau.

On le voit, il s'agit là d'exigences raisonnables, qui touchent réellement à la sécurité et l'environnement. "A n'en pas douter, la plupart des défaillances critiques seront décelées dans l'état des pneumatiques et du système de freinage", pronostique Éric Sarfati.

Une défaillance mineure, c'est quoi ?

Les "défaillances mineures", quant à elles, sont simplement mentionnées sur le rapport d'examen, sans obligation de contre-visite. En somme, elles ressemblent beaucoup au chapitre des "défauts à corriger sans obligation d'une contre-visite" qu'on trouve sur le rapport actuel du contrôle technique. "L'automobiliste a tendance à négliger cette catégorie", déplore Laurent Palmier. "Tout ce qui l'intéresse est de savoir si son véhicule passe le contrôle et échappe à la contre-visite. Or, les défaillances mineures sont très utiles : elles lui indiquent les dépenses qui s'annoncent, d'ici à la prochaine échéance du contrôle technique. Une manière utile de prévenir les pannes et les contre-visites."

Laurent Palmier et son homologue Sébastien Danvel, Directeur général d'Auto Sécurité (14,72 % des contrôles en France) l'admettent sans ambages. Mais tous deux souhaitent relativiser les choses. "Nous estimons que seuls 3 % à 5 % des véhicules qui se présenteront à l'examen du contrôle technique à compter de la réforme du 20 mai 2018 seront potentiellement touchés par une défaillance critique. Dans l'immense majorité des cas, les défauts constatés relèveront de défaillances moins graves, que la nouvelle réglementation qualifie de défaillances majeures ou mineures."

On compte 127 défaillances critiques et Laurent Palmier fait remarquer que ce nombre crée une sorte d'appel d'air, qui voit des défauts sans contre-visite requalifiés en défaillances majeures, soumises à contre-visite sous deux mois.

Toujours 135 euros d'amende pour défaut de CT

Lorsqu'il détecte une défaillance critique, le contrôleur en informe le propriétaire du véhicule et appose sur le pare-brise une vignette qui l'autorise à conduire le jour même, mais pas au-delà. La vignette périme le soir même du jour du contrôle technique. Sauf à faire réparer et à repasser le contrôle le jour même, l'automobiliste s'expose à une amende de 135 euros (minorée à 90 euros) s'il circule au volant d'un véhicule affligé de cette vignette "défaillance critique".

La vignette "défaillance majeure" donne droit, en revanche, à circuler durant deux mois. L'automobiliste dispose donc de ce délai pour faire corriger les défauts jugés "majeurs" mais pas "critiques".

Le contrôleur n'a pas le droit d'immobiliser mon véhicule

C'est une légende urbaine qui n'a aucun fondement. Le contrôle technique renforcé en mai 2018 ne donne en aucun cas le droit au contrôleur d'immobiliser le véhicule frappé d'une défaillance critique, ni même de confisquer le certificat d'immatriculation (la fameuse carte grise).

"L'automobiliste est libre de repartir à l'issue de l'examen du contrôle technique", confirme Éric Sarfati. "Simplement le contrôleur applique sur le pare-brise une vignette "défaillance critique" qui lui interdit de circuler le lendemain du jour du contrôle initial." Sous peine d'amende.

Le CT coûtera plus cher et durera plus longtemps

Cent trente-deux points de contrôle à partir de mai 2018, c'est neuf de plus qu'à l'heure actuelle. Forcément, le technicien va consacrer davantage de temps à l'examen de chaque véhicule. Ce qui aura une incidence sur le prix qu'il facture pour sa prestation.

"Nous évaluons à 15 % à 20 % l'augmentation inévitable de tarif", estime Éric Sarfati. Il prêche toutefois pour sa seule paroisse, SGS ne pouvant recommander des tarifs que pour les membres de ses réseaux Sécuritest et Auto Sécurité. Les tarifs sont libres et SGS ne préjuge pas de la politique commerciale des réseaux de Dekra, Autocontrol, Autovision, Autosur et indépendants.

"J'aime toutefois à rappeler que l'examen coûtait 40 euros en moyenne en 1992, lors de l'instauration du contrôle technique en France. Si on appliquait l'indice de la baguette de pain, l'examen coûterait aujourd'hui 300 euros ! Or, son coût moyen en 2016 n'était que de 65 euros", relativise Laurent Palmier.

Deux fois plus de voitures en contre-visite

La contre-visite elle aussi va coûter plus cher. "A l'heure actuelle, bon nombre de contrôleurs offrent la contre-visite en guise de geste commercial", rappelle Éric Sarfati. "A compter du 20 mai 2018, le nombre de véhicules mis en contre-visite va fortement augmenter : nous pensons qu'il va doubler et concerner deux véhicules examinés sur trois."

"D'autre part, la durée moyenne d'une contre-visite va passer de 8 minutes à l'heure actuelle à 15 ou 20 minutes, selon nos estimations. Par conséquent, les contrôleurs se verront contraints de facturer ces contre-visites, au regard du temps qu'elles leur prendront." Les représentants de SGS évaluent le coût de l'examen de contre-visite à 20 euros en moyenne, en fonction de la durée.

Allongement du délai d'attente pour passer le CT

L'augmentation du nombre de points de contrôle et de la durée de l'examen va mécaniquement diminuer le nombre de véhicules qu'un contrôleur peut recevoir dans sa journée. Fatalement, le délai d'attente va s'allonger.

"En France, on compte un centre de contrôle tous les 17 kilomètres en moyenne", révèle Sébastien Danvel. "C'est suffisant pour traiter l'ensemble du parc. En revanche, il manque de contrôleurs. Rien que chez SGS, nous cherchons à recruter 200 contrôleurs. Un nombre de postes qui sera porté à 500 avec l'entrée en vigueur du nouveau contrôle technique, en mai 2018." A bon entendeur…

Pour parer à cette pénurie de contrôleurs, les réseaux Auto Sécurité et Sécuritest (SGS) ont décidé en juin 2017 de rassembler les demandes ponctuelles de main d'œuvre de leurs centres sur un site internet. Baptisée "Mon Contrôleur", cette plateforme permet à un gérant de centre de partager les qualifications, zones et dates d'intervention souhaitées ; à d'autres d'y répondre en "prêtant" le concours d'un de leurs contrôleurs le temps d'une demi-journée ou de plusieurs semaines. Un outil précieux pour des entreprises dont le chiffre d'affaires moyen ne dépasse pas les 180.000 euros, soit dix à quinze fois moins que celui des centres géants qu'on trouve en Allemagne ou en Irlande.


Source de l'article:





allnews_image

Anne Hidalgo, la maire de la capitale, réclame pour sa part depuis des mois une «mise à l'abri» pour les quelque 2 300 personnes qui habitent ces campements de fortune dans des conditions jugées «indignes» par le Défenseur des droits.

Lire l'article


allnews_image

Cette année, après quatre décennies d'essais infructueux, l'agence spatiale américaine a testé avec succès un prototype de réacteur qui pourrait alimenter des colonies lunaires ou martiennes.

Lire l'article


allnews_image

L’isolement social chronique a des effets qui fragilisent la santé mentale des mammifères, souvent associé, par exemple, à la dépression et au trouble de stress post-traumatique chez les humains. Une récente étude suggère aujourd’hui que cet isolement soc

Lire l'article


allnews_image

Parlement européen, réception collective puis tête-à-tête chez Macron, VivaTech : le PDG de Facebook mène une campagne de visites européennes, en évitant Londres.

Lire l'article


allnews_image

Suite à la présentation par Jean-Louis Borloo le 26 avril dernier d’un rapport ambitieux, c’est mardi 22 mai que le président de la République détaillera son programme pour améliorer la vie des habitants des quartiers défavorisés, non pas avec de "grands

Lire l'article


allnews_image

L'ancienne députée du Front national Marion Maréchal-Le Pen a effacé sur ses comptes Facebook et Twitter le nom Le Pen, hérité de sa mère Yann et porté par sa tante Marine, présidente du FN, et son grand-père Jean-Marie, cofondateur du parti.

Lire l'article




allnews_image

Avec le retour des sanctions, toute entreprise commerçant avec l'Iran risque de voir ses crédits dénoncés en France à l'échéance du moratoire fixé par Donald Trump.

Lire l'article


allnews_image

A l’occasion des débats sur la loi Alimentation, qui commencent la semaine prochaine à l’Assemblée Nationale, le député LREM Matthieu Orphelin déposera un amendement proposant l’interdiction du glyphosate d'ici à 2021.

Lire l'article


allnews_image

Avec le massacre perpétré par l’armée israélienne contre des civils palestiniens ce 14 mai, la question des partenariats entre l’Union européenne et le gouvernement de Netanyahou se pose. D’autant que Bruxelles y finance des recherches militaires et que d

Lire l'article


allnews_image

Depuis quelques semaines, les autorités se divisent sur l’épineux sujet de la démoustication de la Presqu’île d’Ambès. Le maire juge « insuffisants » les traitements imposés par le préfet, et le conseil départemental refuse de financer un épandage de bioc

Lire l'article