change language     -         


Les jeunes en quête de spiritualité menacent l'existence même de l'ayahuasca

October 27, 2017, 9:38 am

Type: SPIRITUALITY

       




news_image

Jusqu'à récemment, l'ayahuasca était un breuvage sacré. Désormais, c'est la drogue à la mode, et cette tendance menace ses origines et les tribus indigènes.

 

De Brooklyn à l'Australie, tout le monde semble vouloir de l'ayahuasca, cette sorte de thé tribal et hallucinogène censé posséder des propriétés à la fois spirituelles et thérapeutiques. Mais comme souvent à l'ère de la mondialisation, cet élan spirituel global menace d'étouffer la tradition à sa source même.

"L'art sacré des Indiens a été transformé en divertissement pour occidentaux", déplore Moises Pianko, membre de la tribu Ashaninka du nord du Brésil.

L'infusion, préparée en mélangeant des lianes et des feuilles d'arbustes trouvées au coeur de l'Amazonie, est devenue la drogue "à la mode" pour des célébrités telles que Sting et Lindsay Lohan, qui ne cessent de vanter ses vertus spirituelles. Mais pour les tribus amazoniennes qui consomment l'ayahuasca depuis 5000 ans pour communiquer avec Dieu sur des sujets allant de la politique à la médecine, cette tendance devient dangereuse.

De la liane d'ayahuasca. Image: Marina Lopes

La hausse brutale de la demande locale et internationale pour le breuvage menace la liane utilisée pour préparer l'ayahuasca de disparition dans certaines régions du Pérou, et son prix a triplé en sept ans pour atteindre 250$ le litre. La plante est presque impossible à planter, puisqu'elle ne pousse qu'au beau milieu de la jungle et met quatre ans à grandir suffisamment, ce qui fait que les réserves naturelles sont limitées.

En attendant, plusieurs centres apparus à travers le monde offrent gratuitement de l'ayahuasca sans trop se soucier de la santé des utilisateurs ou du caractère sacré du breuvage, selon des chefs de tribus.

"L'ayahuasca n'est pas une blague. L'homme blanc veut s'approprier notre rituel, pour se faire toujours plus d'argent, mais le monde spirituel n'est pas à vendre", dit Pianko.

L'industrie du tourisme qui s'est développée autour de l'ayahuasca tend à prouver le contraire. On estime que 40 "séminaires" à travers le monde se spécialisent désormais dans l'ayahuasca, selon Carlos Suarez, un chercheur indépendant qui écrit sur le développement économique et les changements culturels en Amazonie. Ces centres accueillent plus de 4000 personnes par an et font payer jusqu'à 400$ la nuit. Certains proposent aussi des bains de boue, des cours de yoga et des excursions sur le Machu Picchu.

"L'homme blanc veut s'approprier notre rituel, pour se faire toujours plus d'argent, mais le monde spirituel n'est pas à vendre."

Pour Andy Metcalfe, qui gère le Gaia Tree Center, un centre qui propose de l'ayahuasca à Iquitos, au Pérou, l'époque où l'infusion n'était préparée et consommée que par les tribus est bien révolue. "Le marché dépasse largement les origines tribales, m'a-t-il expliqué, ajoutant que la plupart des chamans de la région ne sont plus directement liés aux tribus. Au final, l'ayahuasca provient de la nature. Je ne crois pas que des gens puissent posséder ou contrôler la nature."

Pour ceux qui ne peuvent pas s'offrir un week-end entier d'"expérience spirituelle", il est possible de se procurer une tasse d'ayahuasca en quelques clics. Le breuvage se trouve sur le Marketplace de Facebook, et des kits do-it-yourself sont disponibles pour 300$. Mais à mesure que la popularité de la drogue croît à travers le monde, il devient de plus en plus dur d'en contrôler la qualité. Si elle est mal préparée ou mélangée à d'autres drogues, l'ayahuasca peut s'avérer mortelle.

Des marmites et des fours utilisés pour préparer l'ayahuasca. Image: Marina Lopes

En 2012, Kyle Nolan, un jeune californien de 18 ans, est mort au Pérou d'une overdose d'ayahuasca, selon les autorités. Henry Miller, un étudiant britannique de 19 ans, a connu le même sort suite à une réaction allergique à la drogue. Et de plus en plus, on signale des cas de chamans abusifs qui violent ou agressent sexuellement des femmes qui ont consommé l'ayahuasca.

Les tribus craignent de ne plus pouvoir consommer d'ayahuasca si l'infusion connaît la même trajectoire que la cocaïne, qui était initialement prise par les Incas pour lutter contre le mal des montagnes avant d'envahir les marchés parallèles du monde entier.

"S'il y a des problèmes à cause de l'ayahuasca, elle sera interdite, et alors que va-t-il nous arriver ?, s'inquiète Jose de Lima, de la tribu Kaxinawa. Imaginez ce qu'il se passera si notre médecine est interdite ? Devra-t-on dépendre des pharmacies ? Non, nous voulons nous contenter de notre pharmacie naturelle, la forêt."

Mais pour certains chercheurs, la commercialisation globale de l'ayahuasca est inévitable, et ils considèrent donc que les tribus devraient surtout faire en sorte de récupérer une partie des profits.

"Nous voulons nous contenter de notre pharmacie naturelle, la forêt."

"La commercialisation existe déjà, c'est un fait. L'ayahuasca se diffuse dans le monde, et le monde vient à l'ayahuasca, constate Suarez. Dans le monde indigène, les seuls qui peuvent monétiser une activité traditionnelle, ce sont les chamans. Pourquoi ne profiteraient-ils pas eux aussi du système ?"

Certaines tribus sont prêtes à franchir le pas, mais la demande d'ayahuasca augmente trop vite pour suivre le rythme. Aujourd'hui, la majorité des profits vient des centres indépendants qui n'ont que des liens ténus avec les tribus locales.

Une racine d'ayahuasca dans la forêt. Image: Marina Lopes

"On ne peut pas dire que l'ayahuasca nous appartient, car nous n'avons pas de brevet. Mais nous voulons la vendre à nos conditions. Nous voulons que les gens viennent sur nos terres et la consomment selon les règles, dit Lurino Pequeno de Souza, 26 ans, membre de la tribu Katukina. Il y a de nombreux chamans qui organisent des cérémonies sans rien y connaître et qui trompent les hommes blancs."

En attendant, la mode de l'ayahuasca pousse les tribus à s'interroger sur la durabilité de leurs propres cérémonies. Comme l'extraction de la plante n'est pas régulée, les gardes forestiers ont découvert que les préparateurs d'ayahuasca amateurs qui arpentent la jungle se contentent souvent de couper un morceau de la liane, et laissent pourrir le reste. Aujourd'hui, celle-ci est donc très difficile à trouver dans la région d'Iquitos, où elle était autrefois abondante.

"Nous nous battons au quotidien pour préserver notre culture, affirme Biraci Brasil, chef de la tribu Yawanawa. L'ayahuasca n'est pas juste une plante, ce sont nos ancêtres."

my-redweb myredweb my-redWEB redWEB red web myredweb opv op-v op v


Source de l'article: Motherboard



allnews_image

Particulièrement recherchés en Chine, certains produits tels que les cornes de rhinocéros et les os de tigre sont réautorisés à la vente à des fins médicales. Alors que la Chine interdisait ce commerce depuis un quart de siècle, ce recul attise la colère

Lire l'article


allnews_image

La contrainte liée au pacte des Nations unies sur les migrations ne se réside pas au niveau du type de texte signé mais dans la référence droit de l’hommiste sous-jacente, explique l’analyste politique Frédéric Saint-Clair.

Lire l'article



allnews_image

Après la fusillade survenue ce mardi 11 décembre à Strasbourg, faisant trois morts et douze blessés, des théories complotistes ont commencé à abonder sur les réseaux sociaux disant que cette attaque aurait été fomentée pour contrecarrer les plans des "gil

Lire l'article


allnews_image

Après la fusillade de Strasbourg, le ministre a indiqué que la France venait de "passer en urgence attentat". Et c'est la première fois.

Lire l'article



allnews_image

Turbulent est une turbine à tourbillon. Elle est respectueuse de l’environnement et peut produire de l’électricité pour près de 60 foyers.

Lire l'article


allnews_image

En plaçant de l’ADN dans une solution liquide et des nanoparticules d’or, les scientifiques peuvent identifier si les cellules sont cancéreuses. Ce test permettrait de détecter 90 cancers sur 100.

Lire l'article


allnews_image

Tout récemment, l’ONU a fait part de son désir d’intensifier la lutte mondiale contre la pollution des plastiques. Comme chacun sait, ces déchets polluent les océans et contaminent animaux et humains.

Lire l'article


allnews_image

Le bilan s’alourdit et l’Etat démontre chaque jour davantage son cynisme et sa violence.

Lire l'article


allnews_image

Depuis des années, la SNCF supprime des trains et même des lignes entières dans un souci de rentabilité. Or, une petite société basée en Bretagne arrive avec un concept de taxi-train qui pourra circuler à la demande, et desservir des régions pauvres en tr

Lire l'article


allnews_image

Les syndicat de police Vigi ministère de l'Intérieur, ancien CGT-Police, appelle à la grève illimitée des "fonctions de support" à partir de samedi 8 décembre, journée de mobilisation des "gilets jaunes".

Lire l'article




allnews_image

David Latimer a planté une fleur dans une bonbonne en 1960. Il ne l’a ré-ouverte qu’une seule fois en 1972 et la plante a créé son propre écosystème

Lire l'article