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Migrants toujours un defi pour l'europe

December 20, 2018, 7:00 pm

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Une installation artistique, avec des silhouettes de migrants, à la Conférence de Marrakech ayant mené à l'adoption du Pacte sur les Migrations, le 11 décembre 2018

Une semaine après la signature du Pacte de Marrakech et au lendemain de la Journée internationale des migrants, un sondage confirme ce mercredi la défiance à l'égard des politiques d'accueil de personnes étrangères. Dans ce contexte, l'Occitanie reste cependant plus mesurée que la majorité, tandis que l'Espagne fait face à un flux sans précédent et que les Pyrénées deviennent une nouvelle étape vers le reste de l'Europe.


 

En 2009, il y a bientôt dix ans, l'Union européenne enregistrait l'entrée d'environ 105 000 personnes en situation irrégulière sur son territoire. Six ans plus tard ? Dans un paysage bouleversé par les guerres au Moyen-Orient et les conflits aggravant la misère au sud comme au nord du Sahara, Frontex – son agence de gardes-frontières et de garde-côtes – comptabilisait un pic de 1,82 million de passages illégaux. Pour autant ? Depuis 2015, ce flux n'a cessé de baisser, s'accordent tous les experts.

205 000 sans-papiers en 2017 et une tendance semblant redescendre cette année vers les chiffres d'il y a dix ans… cela ne semble cependant avoir aucune influence rationnelle sur les opinions publiques. Car la défiance à l'égard des migrants irréguliers, elle, ne fait que croître ainsi que le montre notre nouveau sondage.

 

Travaillée par les populismes et les nationalismes, l'Union européenne – deuxième puissance du monde mais citadelle vieillissante de 512 millions d'habitants fragilisés par la crise économique – a pourtant sévèrement «resserré les boulons» à ses frontières. Et la France ne fait pas exception, ainsi que le notent régulièrement des intervenants de la Cimade, constatant inquiets l'envolée des refoulements de sans-papiers, dans des conditions parfois expéditives.





Mais quand bien même l'UE a aussi fait le choix de sous-traiter l'essentiel du «problème» en achetant sa «tranquillité» au président turc Erdogan et aux chefs de guerre libyens ayant su monnayer la question migratoire et leur éventuelle maîtrise du «robinet»… elle ne peut aujourd'hui ignorer ni la peur d'une majorité de ses populations, attisée et instrumentalisées par les ambitions électorales des nationalistes, ni la poussée démographique de la jeunesse d'Afrique. Jeunesse confrontée tant aux conséquences d'un réchauffement climatique que les plus pauvres subissent les premiers, sans l'avoir provoqué, qu'à des pouvoirs ne leur laissant aucune place. Devenue cette année la première porte d'entrée en Europe, notamment du fait de la fermeture de la Méditerranée centrale entre Libye et Italie, l'Espagne le mesure en Andalousie (cf. interview page 3) et la France aux deux extrémités des Pyrénées, en pays basque et catalan, nouveaux points de passage sur la route des migrants et d'une jeunesse africaine animée par l'espoir d'un avenir meilleur… laquelle se vit le plus souvent «européenne» dans ses codes puisqu'ayant un téléphone portable connecté au reste de la planète via Whatsapp, avec les mêmes stars, les mêmes séries qu'ici, sans oublier les mêmes rêves, symbolisés par un maillot de foot du Barça ou de l'OM fièrement porté… La question des mineurs non accompagnés (MNA, cf. encadré page 3) est ainsi révélatrice d'un flux que le Pacte de Marrakech, signé la semaine dernière mais non contraignant pour les états, aimerait donc mieux gérer.

 

«La crise passée, l'impact est resté»

Chercheur associé à l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques (Iris), Gaëtan Gorce analyse ce sondage : «La crise des migrants de 2015-2016 est passée mais son impact est resté. L'opinion a durablement été impressionnée par l'image de ces foules humaines cherchant à rallier l'Europe par les Balkans, laquelle a pris un tour dramatique avec la coïncidence de la vague d'attentats terroristes.

Cet impact a également été renforcé par un discours dominant qui relaie l'idée d'une «Ruée sur l'Europe», titre d'un livre dont les erreurs ont pourtant été pointées par des experts tels que François Héran, du Collège de France. Cette inquiétude s'ajoute à celle exprimée sur un autre terrain par les gilets jaunes : comment voulez-vous qu'un pays qui a le sentiment qu'il n'y a plus assez à se partager soit ouvert à l'arrivée de nouveaux candidats au partage ? Il n'existe qu'une façon de combattre ce sentiment : s'en tenir aux faits. Les chiffres n'attestent pas une ruée, bien au contraire ; les règles sont tout sauf laxistes et appliquées et les frontières toujours là, mais il n'existe des écarts énormes de richesse qui poussent à la migration et c'est ce qu'il faut régler en priorité.»


Source de l'article: ladepeche.fr






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