change language     -         


Les mystérieux réseaux d'Assa Traoré

27 June 2020, 11:12

amazing

  • Facebook
  • Tweet
  • Whatsapp




  • news_image

    Assa Traoré dans une manifestation pour son frère Adama Traoré ©CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

    Charismatique, l'égérie du Comité Adama, Assa Traoré, est devenue en seulement quatre ans une icône des banlieues et de la lutte contre une police qu'elle juge violente et raciste. Portrait d'une femme aux puissants réseaux


     

    D epuis la mort, en 1999, de son père, originaire du Mali, Assa Traoré joue un rôle central au sein de sa famille en en devenant malgré elle le chef. Une famille très nombreuse, puisque son père, polygame, a eu quatre femmes et dix-sept enfants. Pilier du clan, en 2008, Assa Traoré quitte Beaumont-sur-Oise, où elle a grandi et effectué une partie de sa scolarité, pour s'investir dans le social et l'éducation, dans le secteur de Sarcelles. Elle vient alors d'obtenir un diplôme d'éducatrice spécialisée. Assa commence sa carrière comme médiatrice, puis, en 2009, travaille comme éducatrice en prévention spécialisée au sein de la fondation de protection de l'enfance Opej. Auparavant Œuvre de protection des enfants juifs, l'association est devenue fondation en 2012 et s'est réorientée vers l'accueil des enfants de banlieue et de leurs familles. Appréciée de ses collègues et des personnes qui la côtoient, elle est décrite comme « efficace » et « professionnelle ». Mais le 21 juillet 2016, deux jours après la mort de son demi-frère, elle se met en arrêt maladie.





    Autour d'elle se constitue alors une cellule offensive pour l'aider à se déployer. À commencer par Almamy Kanouté, qui exerce une influence de poids. Fondateur de la Brigade antinégrophobie et membre de Nation of Islam, il a rencontré Assa Traoré dans ses fonctions à l'Opej. À la naissance du mouvement Vérité pour Adama, il aide Assa à préparer chacune de ses interventions publiques. Évitant d'apparaître sur le devant de la scène, pour ne pas attirer l'attention des services de police et de renseignements (il a été déclaré inéligible à la suite de violences sur un policier pendant une manifestation, en 2013), il tire néanmoins les ficelles de la contestation et reste « proche de plusieurs mouvements islamiques fondamentalistes et salafistes », selon une source policière. Dès le début du mouvement, l'objectif de Kanouté est de créer des passerelles entre la lutte pour la mémoire d'Adama et les Black Lives Matter. D'ailleurs, il présente à Assa l'égérie de ce mouvement, Amal Bentounsi, dont le frère, Amine Bentounsi, a été tué par la police en 2012. Bentounsi est également fondatrice du collectif Urgence, notre police assassine.

    Le 5 août 2016, deux semaines après la mort d'Adama, Kanouté organise une rencontre entre Assa et Samir Elyes, qui s'appelle en réalité Samir Elyes Baaloudj. Ayant grandi dans les quartiers nord de Marseille, ce dernier a créé le Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB) et est un membre actif de Bouge qui bouge ainsi que du Dip Social Klub. Selon nos sources, il est connu de la justice pour « des faits criminels ». Dès le début du mouvement, se décrivant lui-même comme un « agitateur de consciences », Samir Elyes Baaloudj conseille à Assa de s'inscrire dans une lutte entre deux camps : les jeunes de banlieue contre les forces de l'ordre, pour tenter de durcir les relations entre la police et la population dans les quartiers difficiles. Dans la galaxie, on trouve aussi le fils de l'ancien président de l'association Dar At-Tawhid, qui a géré une mosquée clandestine salafiste à Sarcelles, fermée il y a quelques années par le gouvernement. Mais aussi des militants propalestiniens, comme le secrétaire de l'Union des associations musulmanes du Val-d'Oise, réputé proche des salafistes.

    Les rejoignent des mouvements d'ultra gauche, anarcho-autonomes et d'autres faisant clairement la promotion du salafisme, comme Alternative Libertaire, 13 en lutte, Black Lives Matter, Urgence, notre police assassine, Collectif Contre-attaque, Révolution permanente ou encore Nation of Islam et le Conseil représentatif des associations noires de France.

    Dans le monde du spectacle, les soutiens d'Assa sont nombreux. La cinéaste Rama Toulay, Omar Sy, les rappeurs Casey, Black M, Youssoupha, Nekfeu, Kery James ou encore Morsay. Ce dernier, natif de Beaumont-sur-Oise, est particulièrement sensible à l'affaire.

    Bureau et conseil d'administration composés de membres de la famille Traoré

    Grâce à sa force de conviction, Assa Traoré reçoit des soutiens politiques de poids. Le 3 août 2016, le président de SOS Racisme l'épaule dans une lettre ouverte publiée dans Libération. Puis, Jean-Luc Mélenchon lui apporte son appui et dénonce dans le Figaro, le 9 août 2016, « une tendance à la militarisation de la police » « On voit dans les techniques d'intervention des agents et dans l'usage du matériel entrer des méthodes qui sont celles des combats. » Olivier Besancenot ne tardera pas non plus, à l'approche de la présidentielle de 2017. Elle comprend alors l'importance de s'associer à d'autres mouvements d'extrême gauche. Le 23 août 2017, le comité apporte son soutien à un militant blessé en faisant face aux gendarmes dans la Zad de Bure. Le 26 août, elle envoie son porte-parole, Youcef Brakni, à l'université d'été de La France insoumise, pour « rappeler la longue liste des meurtres impunis par la police de jeunes des banlieues ». Le 13 septembre, Assa soutient une tribune contre l'utilisation de grenades offensives par les gendarmes, dont un tir a causé la mort de Rémi Fraisse à Sivens, en 2014. Le 16 septembre, elle se rend à la Fête de l'Huma pour évoquer la place des femmes dans les luttes en France et à l'international. Le 21 septembre, c'est à un meeting intersyndical à Harfleur qu'elle s'exprime, en présence de Philippe Poutou, du député communiste Jean-Paul Lecoq et de François Ruffin, avec qui les relations sont variables, pour faire « front commun contre Macron ». À chaque intervention, elle appelle à la convergence des luttes allant des mouvements contre les violences policières aux antifas, en passant par la lutte contre le chômage. Entre chaque saillie, les mots « esclavage », « colonisation » et « révolution » reviennent en boucle. Sa tentative de profiter du mouvement des “gilets jaunes”, en réunissant chaque semaine ses sou-tiens à la gare Saint-Lazare, à Paris, avant les manifestations parisiennes, sera un échec.

    Mère de trois enfants, celle qui s'est parfois décrite comme la Michelle Obama française se sert aussi du combat pour lever des fonds et couvrir « les frais de justice pour Adama, Youssouf, Bagui, Yacouba et d'autres amis visés par les mêmes chefs d'accusation », a-t-elle rappelé plusieurs fois. Elle a aussi annoncé reverser les bénéfices du livre expliquant son combat, écrit avec Elsa Vigoureux, à l'association Adama, créée en octobre 2016. Celle-ci est financée essentiellement par la vente de tee-shirts, en organisant des événements au cours desquels des stands de vente d'articles sont mis en place, par le biais de cotisations ou encore de dons. Mais aussi de cagnottes en ligne incitant à aider le collectif dans ses actions de justice. Dès 2019, elle parvient à récolter un peu moins de 20 000 euros, dont 5 000 ont été versés par le rappeur LK de l'Hotel Moscou. À noter que les statuts de l'association n'excluent pas l'éventualité de recevoir des fonds publics. Mais à certaines conditions… L'article 15 stipule que « toutes les fonctions, y compris celles des membres du conseil d'administration et du bureau, sont gratuites et bénévoles […] jusqu'à ce que l'association puisse payer un salaire aux membres du bureau ». Quelques lignes plus haut, les articles 13 et 14 sautent aux yeux : le bureau et le conseil d'administration sont exclusivement composés de… membres de la famille Traoré. Même les soutiens de la première heure ne sont pas les bienvenus ! Ainsi, les membres de la famille Traoré peuvent percevoir un salaire de l'association. Ainsi va la famille Traoré.


    Source de l'article: Louis de Raguenel - Valeursactuelles


  • Facebook
  • Tweet
  • Whatsapp



  • allnews_image

    A contre-courant du reste du monde, les Pays-Bas ont décidé de ne pas imposer le port du masque, jugeant que son efficacité n'avait pas été prouvée. La Suède, la Finlande, la Norvège et le Danemark ont pris une décision similaire.

    Lire l'article


    allnews_image

    On ne salit pas les morts. À cette règle, je trouve néanmoins nécessaire d’ajouter qu’on ne doit pas les instrumentaliser. Depuis des années, la famille Traoré réécrit l’histoire, faisant passer l’État pour une machine totalitaire, et peignant le défunt A

    Lire l'article


    allnews_image

    Vive émotion à Lyon (Rhône) depuis la mort d'Axelle. La jeune femme de 23 ans est décédée dimanche 19 juillet, percutée par une voiture. Elle avait été traînée sur plusieurs centaines de mètres. Deux suspects se sont rendus.

    Lire l'article


    allnews_image

    La bagarre qui s'est déroulée au Parc Astérix, le 10 juillet dernier, a opposé une bande de jeunes à des agents de sécurité.

    Lire l'article