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Comment les grandes puissances se disputent l'Afrique

December 20, 2018, 7:06 pm

Type: consumption

       




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credit: Boll pour Les Echos

ANALYSE - Si la Chine investit de plus en plus sur le continent africain, d'autres pays cherchent aussi à accentuer leur présence. Après l'Europe et l'Inde, la Russie cherche à elle aussi à pousser ses pions.


 

De la Baltique à l'Afrique en passant par la Méditerranée. La Russie de Vladimir Poutine est de retour dans le monde. En Afrique, « elle veut rétablir la situation qu'elle avait, du temps de l'Union soviétique, mais aussi accroître ses relations, dans un respect mutuel » sur le continent africain, affirmait récemment le représentant spécial du président Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient et l'Afrique, Mikhaïl Bogdanov, en marge du Forum de Rhodes organisé par le think tank Dialogue of Civilizations (DOC).

Pas timides

Après avoir été largement absente d'Afrique depuis l'implosion de l'URSS, la Russie n'en est encore qu'à des pas timides pour s'interposer dans ce qui est le nouveau grand jeu du XXIe siècle entre grandes puissances. Même si elle est très loin de  la Chine, de l'Inde, des Etats-Unis et même des anciennes puissances coloniales européennes, qui tentent de s'y maintenir. Mais, pour réussir son retour, Moscou veut jouer son atout : mettre en avant ses relations passées avec les pays africains.

L'URSS, alternative à l'Europe coloniale

Pendant la guerre froide, l'URSS apparaissait en pleine décolonisation comme une alternative à l'Europe et était devenue l'un des principaux fournisseurs d'armes des pays africains. L'autre point fort de l'influence soviétique était la coopération universitaire, qui a permis à de nombreux jeunes Africains d'aller étudier à Moscou.

A l'époque, cette influence inquiétait les pays occidentaux, qui se demandaient même si l'Union soviétique n'était pas en train de « prendre le contrôle de ce que l'on nommait le tiers-monde  », selon le journaliste spécialisé Christophe Boisbouvier («  Jeune Afrique », 20 octobre 2017) .

 

La Russie du XXIe siècle est bien loin de jouer aujourd'hui ce rôle sur le continent. Pour donner néanmoins un signal de son réengagement, le président, Vladimir Poutine, a décidé l'année dernière l'annulation de quelque 20 milliards de dollars de dettes de pays africains contractées du temps de l'URSS. De plus, Moscou a proposé aux pays africains encore endettés un système d'échange « actions contre dette », notamment pour investir dans l'énergie et les ressources naturelles. Dans l'industrie, notamment en Guinée dans la bauxite, ou encore dans les chemins de fer au Ghana, les entreprises russes rivalisent désormais avec les Chinois et les Français.





L'atout des ventes d'armes

Dans l'armement, la Russie compte aussi sur sa présence ancienne. Comme le soulignait le représentant de Vladimir Poutine, elle est dans ce domaine « extrêmement compétitive ». Elle vient d'ailleurs de conclure des accords de coopération militaire avec la République démocratique du Congo (RDC) et avec la République centrafricaine (RCA).

Dans ce dernier pays, selon Mikhaïl Bogdanov, la Russie a dépêché quelque 180 conseillers et instructeurs militaires. Une première depuis la fin de la guerre froide, en plein pré carré français et deux ans seulement après la fin de l'opération Sangaris, menée par l'armée française.

Mais la Russie ne se fait pas trop d'illusions. Son retard est immense  sur la Chine, qui a déjà investi quelque 125 milliards de dollars dans les pays africains et vient de promettre 60 milliards supplémentaires.

Objet de convoitises

Soixante ans après les indépendances, le continent reste donc bien l'objet des convoitises entre les grandes puissances. L'Afrique représente environ 8 % des réserves de pétrole du monde, 7 % de l'or, 53 % des diamants, 75 % du platine et au moins 60 % des terres arables non cultivées. La mise en culture aurait de quoi nourrir une grande partie de la population mondiale, qui à la fin de ce siècle pourrait atteindre 11 milliards de personnes, notait l'économiste Dambisa Moyo dans une analyse publiée par Project Syndicate.

Ce qui a profondément changé néanmoins, ce sont les acteurs et la géographie. Le « Grand Jeu » n'est plus entre la Russie et le Royaume-Uni en Asie, comme au XIXe siècle, mais entre les nouveaux émergents, l'Amérique et l'Europe en Afrique. Et l'aiguillon de la rivalité est bien la Chine.





Trump aux abonnés absents

Les Etats-Unis sous la présidence Donald Trump sont, politiquement du moins, aux abonnés absents sur le continent africain.  « Ce n'est peut-être pas un hasard que la petite demi-page consacrée à l'Afrique se trouve tout en bas de la National Security Strategy de l'administration Trump », la bible de politique étrangère américaine, notait dans une tribune Jeff Hawkins, ancien ambassadeur américain et chercheur associé à l'Iris. Mais ce désintérêt de Trump n'empêche pas le fait que les Etats-Unis restent un acteur de premier plan sur le continent. Pour répondre à la Chine, une nouvelle agence américaine dédiée au développement du continent africain et dotée d'un fonds de 60 milliards de dollars vient d'être créée.

Emmanuel Macron a, lui aussi, réagi en annonçant cette année une augmentation de un milliard d'euros du budget de l'Agence française de développement (AFD), sans oublier le maintien de la présence militaire, comme au Sahel.

En réponse aux routes de la soie de la Chine, l'Inde, associée au Japon, a lancé « son couloir de croissance Asie-Afrique », mais pour l'instant, le pays n'est que le cinquième investisseur en Afrique, loin derrière la Chine.

Avantage à la Chine

Reste que face aux ambitions russes, indiennes, européennes ou américaines, la Chine a un avantage. Elle est prête à largement financer les opérations publiques et privées en Afrique. « Toute la différence entre la Chine et un pays comme la France est que la Chine assure des financements à long terme, affirmait en marge du forum de Rhodes le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana. Même si le risque pour les pays africains est de voir leur dette exploser.

Le sommet des Brics en Afrique du sud

 

 


Source de l'article: Echo



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