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"Plus de 200 témoins et victimes" : la communauté de Riaumont au cœur d'un scandale de pédophilie

May 3, 2018, 2:30 am

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Selon "Le Point", une enquête sur des "maltraitances et violences sexuelles" au sein de la communauté traditionaliste de Riaumont prend une ampleur nationale.


La communauté religieuse de Riaumont, qui vit en autarcie et héberge un village d'enfants composé d'une vingtaine de jeunes, âgés de 11 à 15 ans, est au coeur d'un vaste scandale. Selon "Le Point", la justice enquête sur de multiples affaires de maltraitance et de violences sexuelles perpétrées au sein de la communauté traditionaliste.

Plusieurs informations judiciaires auraient été ouvertes dans le plus grand secret, affirme l'hebdomadaire. Contacté par le magazine, Maître Bodereau, avocat du village de Riaumont dans plusieurs procédures, dément néanmoins toute enquête visant directement la communauté en elle-même. 

"Maltraitances et violences sexuelles"

En mai 2017, la communauté, régulièrement critiquée depuis les années 1970 pour ses méthodes d'éducation violentes et ses liens avec l'extrême droite, faisait face à la mise en examen d'Alain H., père prieur, et pilier de Riaumont depuis les années 1980.

D'après plusieurs témoignages concordants obtenus par "Le Point", la justice lui reprocherait des faits de pédophilie. L'homme d'Eglise est "soupçonné d'avoir consulté des images à caractère pédopornographique, ce qui a déclenché une enquête préliminaire et l'ouverture d'une information judiciaire, confiée à un juge de Béthune", révèle le magazine. Ces faits criminels remonteraient aux années 1990 et 2000. 

La justice enquêterait en effet sur "de multiples affaires de maltraitance et de violences sexuelles". Malgré le silence du parquet de Béthune, "Le Point" révèle que "plus de 200 témoins et victimes ont d'ores et déjà été auditionnés par la police, du Vietnam au Canada, en passant par la France. Et ce, depuis 2013, date à laquelle la première plainte pour viol aurait été déposée".

"On n'y va pas, avec lui, on va finir en slip !"

A l'occasion des perquisitions menées dans le cadre de l'enquête sur le père Alain H., les policiers ont saisi des ordinateurs et entendu plusieurs anciens pensionnaires. A la suite de ces découvertes et témoignages, le juge d'instruction aurait décidé de co-saisir le groupe "Mineurs" de l'Office central pour la répression des violences aux personnes(OCRVP), à Nanterre, explique l'hebdomadaire.

"Plusieurs anciens encadrants de Riaumont, devenus prêtres par la suite, auraient été mis en garde à vue ces dernières semaines", affirme ainsi "Le Point".

L'un d'entre eux, Bernard M., "désormais dans une paroisse bretonne" nie avoir été convoqué par la police. "Le Point" a pourtant recueillis "de nombreux" témoignages d'anciens de Riaumont à son encontre. Comme celui d'Arthur*, qui parle d'un certain Bernard, un "prof de biologie un peu bizarre" qui s'occupait également de l'infirmerie. Il confie au "Point " :

"Avec lui, on pouvait avoir mal à la tête, mais il fallait quand même inspecter le reste du corps, raconte Arthur. On avait facilement des ampoules au pied et, typiquement, il fallait remonter le long de la jambe pour voir s'il n'y avait pas d'autres problèmes plus haut…"

Le magazine donne ensuite la parole à Colin*, "également entendu par la police" :

"Bernard, c'était le pire de tous. Il s'occupait de l'infirmerie. A l'époque, on se disait : on n'y va pas, avec lui, on va finir en slip !"

"Une bombe à retardement"

"Le Point" assure aussi que "la justice travaille également sur des agressions sexuelles commises entre mineurs aux débuts des années 2000".

"On savait très bien qu'il y avait des aînés aux comportements tendancieux", raconte par exemple Lionel* au magazine. Un autre ancien pensionnaire confie que plusieurs avaient alors tenté d'alerter les encadrants après qu'un jeune autiste se soit plaint d'agressions sexuelles. "D'après lui, l'agresseur aurait été un temps éloigné avant d'être intégré plus tard à Riaumont, cette fois-ci en tant qu'aide-chantier", écrit "Le Point". 

Un deuxième garçon, "une bombe à retardement" sujet aux problèmes psychiatriques se serait "fait attraper plusieurs fois à essayer de toucher les petits dans les bois". 

Après qu'un adolescent de 14 ans ait été retrouvé pendu, la communauté avait déjà fait l'objet d'une enquête judiciaire, en 2001. Deux mois avant son décès, il n'avait plus envoyé aucun courrier, à part cette missive : "J'ai voulu laisser passer la crise." Quelques jours plus tard, il se suicidait. Les investigations s'étaient finalement conclues par un non-lieu.

"Ça m'est arrivé une nuit"

"Le Point" publie également les témoignages glaçants d'élèves des années 1970, bien que l'enquête en cours ne porte que sur des accusations datant des années 1990 et 2000. Il s'agit de maltraitance physique et psychologiques : "J'ai été enfermé dans des douches et reçu quelques coups de ceintures", raconte l'une des victimes. Un autre parle de "cravache de chien sur la peau nue, enfermement ou encore boule à zéro puis mercurochrome sur le crâne – pour être reconnaissable en cas de fugue". Le même confie :

"Ça m'est arrivé une nuit d'être touché par un éducateur quand j'étais petit, mais je ne me suis pas laissé faire."

Selon "Le Point", cette communauté "l'ancienne", "anachronique" qui vit "en cercle ultra fermé", comme la dépeint Nicolas Bays, ancien député PS de la circonscription, bénéficie du soutien des Eclaireurs neutres de France (ENF), un mouvement de scouts laïc.

"Derrière tout cela, l'affaire illustre un autre problème : le phagocytage des mouvements de scouts laïcs par des associations religieuses, parfois intégristes", analyse ainsi le magazine. 

B.K.


Source de l'article: nouvelobs



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